L’amour est un plat qui se mange sur une sphère

Il y a un homme sur la Terre qui ne se sentira exister qu’en prétendant. Que mon amour est plat !

Ses raisonnements édifieront une abeille qui s’envole, bien sûre que mon amour est une sphère.


Il y a un homme sur la Terre qui ne se sentira exister qu’en prétendant que mon amour est plat.

Ses raisonnements édifieront une abeille qui s’envole. Bien sûr que mon amour est une sphère !

Un homme amoureux s’exprime au sujet de l’amour qu’il éprouve pour son épouse dans son discours de mariage

Mon épouse, occasionnellement mon sujet d’expérience dans le réseau de trafic sexuel sans tabou que je déploie à partir de toi pour ma propre personne, mon leurre, ma proie, mon lapin à qui je caresse la patte amoureusement, je t’aime intensément. J’aime te le dire, te le chanter avec un registre placé au sommet du haut-de-forme que je porte pour que tu apparaisses en compagnie d’un gentilhomme.

J’emploie un prête-plume de noble race, d’ascendance distinguée, pour t’exprimer dans des termes amoureux que je te considère comme un être exceptionnel qui me permet de rire à chaque instant. Tu composes, avec tes sourires espiègles, des blagues qui ne sont racontées qu’à moi, dans notre intimité. Comment pourrais-je t’aimer plus ? Plus encore, plus fort ? C’est simple, je transforme ces rires atones en atomes, en globes infrarouges prêts à s’exprimer en latin en tant que médecin malgré eux. Tu me soignes, je suis malade de t’aimer tant tu es superbe, et je crains d’attraper un mal tant les autres hommes sont jaloux de moi. Ils veulent me supprimer ! Ils souhaitent ma mort ! Je me défends ! Je rejette les pommes rouges bien que je ne ressemble en rien à Blanche-Neige ! Je me déplace à temps ! Je te cherche ! Au secours ! Ils sont après moi. Où es-tu ? Ah, tu es là ! Sauvé ! Encore une fois, par tes salves de rires et tes pleurs attendrissants.


Ce texte est un cadeau que je souhaite offrir à Jean-Marie Bigard et Lola Marois.

Le sens caché de notre ronde

L’Elrond du temps, père, amant tenait un pain troué par ses doigts. Ses sonorités tranquilles roulaient sur les eaux dormantes du fleuve où pousse une plante capable de relier ses langues. Les malheureux parviennent à prier dans le silence de la noyade imposée par les proches parents. Ceux-ci mènent la barque à temps pour que leur lignée s’éteigne en onde qui ne coule jamais.

L’aile carrée attendait que je pose ce qui était convenu sur le marchepied pour battre comme un coeur prêt à se mettre en chantier en plongeant ses pistons dans ses huiles usagées que les lettres de jeunes filles qui écrivent à leurs amies n’évitent au prix de nul détour.

Limite l’au-delà des rêves, obscurcis dans sa relève le ciel du royaume d’élèves ayant pris pour professeur un homme qui n’arrive pas à l’heure. Je n’ai pas trois sabliers pour quantifier ce retard de clarté.

Éventant les mérites du cavalier, l’idole souple des sons indécents irradie au galop de ses pas une audience qui ne croit pas à son empressement.

Le temps durant lequel rêve le temple appartient au temps de la construction, puis de l’éternel reconstruction.

Le dindon idéal au temps réel provient d’une contrée où son cri enchante. Je lui permettrai de rejoindre son environnement naturel au moins une fois dans sa vie si les circonstances le permettent. J’emmène des animaux se promener dans un habitat digne d’eux bien qu’inadapté à leurs besoins évolués.

Rien n’établit la haine saine au galbe vert. Ses courbes voluptueuses ne souffrent d’aucune dissymétrie. Ce n’est pas leur souhait d’en obtenir une artificiellement, mise en valeur dans une société de singes aux mamelles tombantes sous le poids d’un seul enfant ayant une préférence marquée, que l’on préférerait cachée.

L’émotion funeste d’un poisson arc-en-ciel est une course vers le glacier qui fond d’une hauteur. 

Le paradoxe des tours jumelles est que le jeune philosophe du siècle passé tente encore désespérément de rejoindre ses cimes, alors que les tours ont été abattues sous la menace des coléoptères ravageurs.

Des kilogrammes renversés sont plus terrifiants que des litres, et pourtant ! 

La frappante vérité traumatise lors d’une désapprobation inopinée, insistante, appuyée, concentrée dans des répliques visant à détruire les fondations de la cité de fleurs émergeant de l’eau du bain parfumé à la fleur de pomme.

Le sens caché de notre ronde n’est connu que de ceux qui la dansent.


L’anagramme de mon nom complet est : « ses si vrais paléochrétiens ».

Je n’ai pas terminé ce poème, car il y a encore de nombreuses anagrammes dont je dois encore m’inspirer dans le livre des anagrammes renversantes d’Étienne Klein et de son ami jazzman. Ou peut-être ai-je quand même utilisé toutes les anagrammes du livre ?

Je me suis inspirée d’Anagrammes renversantes ou Le sens caché du monde (2011) d’Étienne Klein et de Jacques Perry-Salkow.

Ma locomotive

Mon amour, c’est grâce à toi que je m’accomplis dans la vie. Émotive, tu me motives, tu es ma locomotive, je te le crie de voix vive. Mooooooon aaaaaaaamouuuuuur !

Je suis la fleur oblique des pétales moroses orientés pratique !

Il y a un destin qui me regarde de loin avec une éthique exemplaire.

Tu as raison. C’est important d’être soi-même.

Clé de repérage

« C’est un gros c*n, car : il produit de la c*nnerie. » => Analyser le contenu

« C’est un gros c*n, car : il est lu par des gros c*ns. » => Identifier le lectorat

« C’est un gros c*n, car : il est le disciple d’un gros c*n. » => Trouver le maitre à penser

« C’est un gros c*n, car : il prend le parti des gros c*ns. » => Déterminer qui il défend

« C’est un gros c*n, car : il influence les jeunes négativement. » => Observer l’impact de ses discours sur les jeunes

« C’est un gros c*n, car : il est soutenu par des gros c*ns. » => Déterminer qui le défend

« C’est un gros c*n, car : il consomme la ration des autres. » => Déterminer s’il affame

« C’est un gros c*n, car : il dépense les ressources qu’on lui attribue à des c*nneries. » => Relever les dépenses effectuées

« C’est un gros c*n, car : il prédit des désastres dont il est en réalité à l’origine. » => Comprendre d’où provient son efficacité

« C’est un gros c*n, car : il fait l’éloge de la c*nnerie. » => Analyser le sens de ses adjectifs dans le système qu’il propose

« C’est un gros c*n, car : il rend les autres coupables de ses propres méfaits. » => Être vigilant à sa façon de culpabiliser autrui

« C’est un criminel, car : il séquestre quelqu’un dans sa cave ou son grenier afin de l’exploiter. » => Faire le tour de son habitation


Ce texte est un cadeau que je souhaite offrir à Fabrice Éboué.

La fresque de la pyramide

Différentes postures ont aiguillonné le désir vers cette entrée en matière raisonnable.

Le point culminant intérieur est une zone de non-droit où il est permis de tricher sur la hauteur des sommets et de faire fondre les glaciers par leur centre.

La pudibonderie n’aura pas raison de la fresque sexuelle. L’une de ses représentantes est cachée dans la seule salle du temple qui mérite que l’on s’y attarde.

Le sexe est caché dans un panier de crabes rouges. Les pinces de ces crustacés blessent le tissu spongieux. Une déchirure pourrait se produire dans l’espace de la compétition.

Le Nil est en crue.

La carte de banque

Cil imbécile ! Insecte ravageur ! Paiement refusé ! Bar à chiens ! Potiche sournoise ! Pou de basse classe ! Ordinateur monotâche ! Joie de criminel ! Valise perdue !

Je n’ai jamais entendu parler de ce type ! Et pourtant, j’ai de longues oreilles !

Cil de biche ! Insecte aux yeux ravageurs ! Paiement accepté ! Bar à bière ! Potiche libre ! Pou de Dieu ! Ordinateur multitâche ! Joie d’enfant ! Valise retrouvée !

Paiement sans contact !!!

La nunuthérapie

Texte nunufictif

Les chats sphynx sont appelés affectueusement « Nunus ».

J’ai adopté un Nunu avec lequel j’effectue des séances de nunuthérapie auprès de mes patients. Cette technique thérapeutique moderne montre une efficacité remarquable en matière d’amélioration de l’état psychique des patients en toute fin de vie souffrant de dépression et d’autres types de patients en souffrance.

Nunu et moi suivons une dame âgée actuellement en soins palliatifs. La présence de Nunu améliore la qualité de vie de cette dame qui bénéficie de plusieurs séances de nunuthérapie par semaine à son hôpital à un prix adapté à ses ressources. L’animal n’a pas le droit de rester longtemps dans l’unité de soins palliatifs pour des raisons d’hygiène, mais sa présence est tolérée pendant les séances de nunuthérapie.

Le contact peau à peau rassure la dame âgée. Elle s’est très fort attachée à Nunu, qu’elle a le droit de considérer comme son chat durant la période de nunuthérapie.

Nunu est un animal psychopompe. Il est si impliqué dans son travail qu’il risque sa vie lorsqu’un patient décède en sa présence. Cela est causé par la synchronisation entre l’animal et l’être humain au cours de la nunuthérapie.

(Le livre d’Amélie Nothomb ayant pour titre Psychopompe a été lu intégralement à Nunu durant son habilitation.)

Le corps de Nunu est un outil pour que les personnes âgées puissent projeter leurs souvenirs dans chacun de ses plis. Les bons souvenirs font plaisir à Nunu lorsqu’on le caresse, et inversement. Le patient est invité à loger ses meilleurs souvenirs dans les plis que Nunu aime le plus que l’on caresse.

Les séances de nunuthérapie comportent aussi des massages du visage et des mains et des bains de soleil à l’extérieur avec l’animal.

La dame âgée est invitée à regarder longuement Nunu dans les yeux. Elle apprend à cligner des yeux en le regardant pour qu’ils s’apaisent mutuellement.

Durant les séances, la motricité fine de la dame âgée est mobilisée lorsqu’elle doit faire enfiler un pull à Nunu. Elle est invitée à tricoter ou crocheter des vêtements pour Nunu. La motivation à faire cette activité créative est plus grande lorsque les patients savent que c’est pour Nunu.

La dame âgée a eu le droit de choisir un nom thérapeutique pour Nunu et de lui donner une identité qui le relie à elle. Elle a été invitée à imaginer l’histoire de Nunu et les raisons de sa présence à ses côtés durant ses derniers instants.

Les infirmiers de la dame âgée ont le devoir de contacter mon service pour le « grand départ » de notre patiente. Nunu se déplace dans l’urgence grâce à moi pour que nous soyons sûrs que l’âme de nos patients arrive au bon endroit.

Cela me rappelle une autre de mes patientes que j’ai accompagnée durant sa grossesse. Sa maman avait fait une dépression post-partum ; elle avait peur d’en faire une elle aussi. Les séances de nunuthérapie l’ont rassurée sur sa capacité à tenir un être vivant petit et fripé contre elle. Nunu et moi avons conclu qu’il était très important que nous soyons présents lors de son accouchement afin que l’âme de son bébé à naitre puisse être guidée vers la vie et que la patiente puisse effectuer une transition parfaite entre Nunu et Bébé.

Nunu et moi avons apaisé la souffrance d’un enfant qui souffrait de la mort de sa grand-mère. L’enfant était encore petit, alors je lui ai expliqué que Nunu, si ridés, avait trois-cents ans et qu’il avait connu sa grand-mère. L’enfant a été émerveillé de rencontrer un témoin de la jeunesse de sa grand-mère. Je lui ai expliqué qu’elle parlait déjà de son désir d’avoir un petit-fils tel qu’il est lorsqu’elle était jeune. Au bout de quelques séances de nunuthérapie, l’enfant a évacué sa tristesse et a été amené à comprendre progressivement que Nunu est un chat de race sphynx ayant quelques années à peine. Nunu lui a permis d’avoir un contact supplémentaire avec sa grand-mère et lui a appris qu’il pouvait se reconnecter à elle à n’importe quel moment de sa vie, car il existe de nombreuses choses qui durent depuis plus longtemps qu’une vie humaine et sont encore les témoins des êtres du passé.

J’ai remarqué que les enfants s’expriment plus facilement lorsqu’ils s’adressent à Nunu. La présence de l’animal les rassure sur le déroulé de la séance.

Un enfant avait insulté son papa en employant le mot « connard ». Ses parents m’ont alors contactée pour corriger son comportement car la situation les dépassait. À l’aide de Nunu, nous avons retracé le parcours de l’introduction de ce mot dans son vocabulaire. J’ai demandé à l’enfant s’il se permettrait de traiter Nunu de « connard ». Il m’a dit qu’il ne ferait jamais ça parce que Nunu est gentil et lui apporte de la chaleur. C’est ainsi que nous avons cherché à comprendre pourquoi cet enfant considérait que son père n’était pas gentil et ne lui apportait pas de chaleur.

J’ai été la nunuthérapeute du Vatican lors de la fin de vie d’un haut représentant de l’Église. L’évêque en question était très tourmenté par des visions cauchemardesques. Il a vu en Nunu un petit démon amical qui viendrait chasser les méchantes créatures sataniques qui voudraient empêcher son âme de rejoindre le Paradis. C’est ainsi qu’il a appris à apprécier certains de ses démons sous la forme de sphynx. Depuis ce jour, il y a des sphynx au Vatican pour chaque péché capital : Gourmandise, Orgueil, etc.

Les enfants disent à l’oreille de Nunu ce qui les tracasse. Lorsque les faits sont graves, Nunu enfile son uniforme de policier. Les déguisements aident à surprendre les personnes qui viennent voir Nunu et le nunuthérapeute en consultation.

Nunu quitte les corps qui commencent à refroidir pour cause de décès.

La nunuthérapie est à la portée de toute personne gentille et imaginative qui possède un Nunu. Souvent, c’est une maman ou un papa de quartier qui devient le nunuthérapeute local.

Les parents d’un enfant qui aurait extrêmement peur de son premier jour à l’école peuvent demander à ce qu’un nunuthérapeute accompagne l’enfant dans son milieu d’accueil avec son animal durant le premier quart d’heure du jour de rentrée. Nunu viendra sécuriser l’enfant en revenant à d’autres moments de la journée ce jour-là et les jours suivants afin que l’enfant sache qu’il y a un petit être qui veille sur son bien-être. Nunu explique à l’enfant que son milieu d’accueil est un lieu qu’il doit explorer et qu’il y a toujours un endroit plus chaleureux que les autres dans une pièce. Nunu constitue un thème de conversation introductif pour l’enfant en difficulté. Les enfants gentils sont tout de suite repérés : ce sont ceux qui sont curieux de la différence de Nunu en tant que chat sans poils. L’enfant est préparé en amont à analyser les comportements des autres relativement à leurs réactions à Nunu et lui. Il y a les enfants jaloux, les enfants curieux, les enfants méchants, les enfants indifférents, …

La nunuthérapie s’élabore au moyen de la nunufiction. Le nunuthérapeute commence par imaginer des situations dans lesquelles un problème apparait et qu’il peut solutionner à l’aide d’un protocole nunuthérapeutique. Les parents peuvent lire le corpus de texte du nunuthérapeute qu’ils voudraient engager afin d’être sûrs que sa philosophie de résolution des problèmes leur semble bonne. Il y a une différence entre la nunufiction et la nunuréalité. Les cas nunufictifs sont inventés tandis que les cas nunuréels sont vraiment arrivés. La méthode du nunuthérapeute évolue grâce à ces deux approches narratives qui s’interconnectent. Une approche ratée nunuréelle peut être réimaginée en approche réussie nunufictive.

Nunu peut aider les employés de bureau qui commencent à présenter des signes de surmenage. En effet, Nunu peut les accompagner durant une matinée en leur faisant des câlins pendant qu’ils travaillent à l’ordinateur. Les employés ayant tendance à se consumer dans le travail apprennent à prendre du temps pour respecter des besoins affectifs : ceux de l’animal et les leurs. Le milieu de leur entreprise leur parait moins hostile et froid grâce à la petite boule de chaleur qu’est Nunu.

Bibliographie

Psychopompe, Amélie Nothomb

L’Exorciste du Vatican, film de Julius Avery

Les lys

J’éprouve un sentiment indéfini lorsque je vois des abeilles qui butinent les fleurs. Ces splendeurs végétales sont des lieux que j’aime observer durant des temps de passages s’accordant avec ceux de ces insectes. Le pollen orange des étamines des lys de ma véranda s’est déposé sur leurs pétales blancs. Je prends soin de ne pas perturber ces traces avec un doigt curieux de laisser la sienne.

L’assistante de l’archéologue

Mon texte préféré de la langue française a pour titre un terme scientifique qui désigne un excrément fossile. Il faut nécessairement que je le décore avec un marqueur en dépit de sa valeur inouïe sur le plan littéraire.

Copie préférée ! Toujours dans sa poche ! Elle est commenté sur ma feuille en petits caractères pour avoir la place de me corriger éternellement le diamant que j’ai déposé sur la pile tranquille de feuilles à corriger toutes plus belles les unes que les autres ! Le professeur aime toutes ses étudiantes. Elles sont si belles, elles sont charmantes quand en écoutant sa voix envoutante leurs pleurs nuagent dans leurs habitations. Se reconnaitre dans l’oeuvre d’un poète est le bonheur que je vous souhaite. Pendant que son épouse fidèle modèle la prédelle d’une union tranquille, ses enfants idéals l’attendent au coin d’un dessin. Mon œuvre ne recèle aucune violence mal adaptée aux conséquences des foudres de son imagination.

J’ignore à qui s’adressait le poète isolé lorsqu’il a crié dans la nuit, seul pour la première fois, à sa fiancée éreintante superbe. J’aimerais être la femme qu’il recherche depuis toujours, protégeant son oeuvre, que je n’ai découverte par son livre constellé d’étoiles que très tard dans ma vie. Comparé à longueur géante des évènements que je place dans ma ligne du temps, sa présence ne peut être indiquée que par une marque qui surligne. Ô fiancé mythique surprenant, vous m’épouserez de votre prose lorsque mon livre paraitra sous vos yeux. Les individus qui m’entourent n’ont pas le don de me comprendre et d’augmenter le bonheur que je recherche toujours plus intensément dans votre direction. Mon nez, formel, indique que je dois avancer dans cette direction précise en respectant les mosaïques recouvrant le sol précieux. J’apprécie les mots doux que vous me composez. Disparu de la cartographie de mon visage à cause du froid rougisseur, mon nez est la petite surface où tendrement vous m’embrassez. J’ai toujours rêvé d’être aimée par le Temps alors que la température ne me permet pas de lire sans trembler et que l’émotion brouille de larmes mes yeux doux. Je découvre avec charme que l’on peut écrire six millions de pages sur une vie sans être géolocalisé au bout du champ des visions futiles. Les écrans sont les interdits des joueurs d’échec au plateau parcouru d’animaux. Ils n’ignorent pas que le voisinage grec corrige l’optique olympienne du mont où les dieux descendent plus épuisés que lorsqu’ils ne montent. Il suffit de chercher avec passion, curiosité et intérêt mignon la semence dans les éprouvettes.

Personne ne m’a jamais tendu une lettre de mille pages écrite de sa plus pure imagination en ayant pour intention de demander ma main lorsque je l’aurais lue intégralement sous ses yeux à la lumière de la lune. Les espoirs du Nil sont que le pharaon revienne sous une forme ressuscitée dans le meilleur animal, dans la plus belle étoile, dans le mouvement le plus silencieux des eaux qui inondent de leur lumière tranquille les cieux vaporeux des limes à ongles qu’il achète pour perfectionner les croissants de lunes.

Les petits dessins de hiboux et de chouettes sont dignes de mains d’enfants guidées par l’amour de leurs parents. Monsieur Hibou est souvent triste que sa fiancée Mlle Chouette prenne autant de temps pour écrire le chant d’amour qu’elle lui destine. Il est si amoureux d’elle qu’il serait capable de trouver un moyen pour que leurs deux espèces biologiquement dans l’impossibilité de produire un petit oiseau à eux exclusivement créent leur enfant de plumes et de douceur.

Mes petits dessins de hiboux et de chouettes appartiennent à mon univers enfantin pour exprimer l’amour.

Le visage en lévitation

L’iceberg se trouve en lévitation au-dessus de l’océan. Les scientifiques se trouvant sur la banquise l’observent avec des jumelles. Ils ne quittent pas des yeux une zone précise de la surface du bloc de glace dont l’aspect décrit pour eux une physionomie. Ils décrivent en détail cette face visible, et postulent une face cachée.

L’amour a filé

Votre rose m’indiffère. Votre pose vous rend fier. Votre prose est une galère sur laquelle je ne rame plus

Votre chose est amère. Votre clause est sincère. Vous causez des misères à une femme qui ne vous aime plus.

Il n’y a plus une amoureuse pour vous jeter un regard au mois d’aout. Les météores ont terminé de traverser le ciel. Votre souhait était inexistant. Je n’ai pas souhaité exaucer le néant.

Se pourrait-il que cette ombre qui se profile à l’ombre de cette « pourrais-tu » vacille dans l’espoir que vous la rattrapiez ? Qu’elle est chatte ! Je n’ai pas trois échassiers pour la poursuivre sur de longues pattes.

Le triomphe de mon opéra

Le triomphe de mon opéra n’apportera qu’à moi le bonheur intense de l’amour immense que le Christ m’a donné. J’ai appris à chanter en composant mon œuvre, me baignant les pieds dans une eau tiède. Leur moiteur disparaitrait à l’aide d’une substance pulvérisée dans un second temps. La pâleur de mon visage occasionne des désagréments aux yeux sensibles, recherchant les profondeurs abyssales dans les cubes d’eau des volumes lascifs. La mort sombre ne s’élance vers le sommet du plateau automnal que pour s’abattre plus tôt sur la plaine hivernale, balayée par les drames et la misère humaine qu’un agent d’entretien prédisait en soupirant. Les noyaux tombent de leurs bouches alors qu’ils pourraient les cracher en faisant des ricochets à la surface de l’eau. Le cerisier ne poussera jamais au cœur du lac. Par malheur, nous ne verrons pas ses fleurs aquatiques devenir aériennes dans un festival de vérités. Ô fiancé mythique, j’épouserai la forme du contenant de verre que l’on me tend. Une fourmi s’y noie, et je me demande ce qu’elle attend de moi, de mon doigt si sale comparé à cette eau de source si pure prélevée dans le ruisseau de mon enfance. Tendre et malicieux, vous proclamez mon règne amoureux à l’aube des brumes sapides que vous respirez au rythme des saisons. Je câline les harfangs qui me caressent en songe. Frissonnante, mes pensées vous accompagne lorsque vous volez dans la nuit qui vous accueille de son silence magicien. Je tiens une baguette dans chacune de mes mains : l’une orchestre mon opéra, l’autre enchante les spectateurs. J’anime l’ordre et la foule pour que dans un monde qui coule, l’illuminante beauté puisse éclater à la surface !

Le triomphe de mon opéra

Les miettes de pain

J’épouse la forme qui m’accueille munie d’un morceau de pain. Elle l’a émietté en vue qu’on la retrouve en cherchant sa trace odorante si ténue, et pourtant si entière, du lieu où son prestigieux passé lui permettait de porter un sabre de limace, capable de trancher les matières les plus inattendues sans autre acolyte qu’un géant aux hautes oreilles. Mes seins de soie ont pour nature parfois deux petites miettes de pain, ponctuelles et honteuses. Alix ne vaut rien, son prénom n’est pas latin. Le Combat des rats et des belettes est la sixième fable du livre IV de Jean de La Fontaine. Elle est celle qui me fascine le plus. J’aime l’illustrer en pensant à mon Amour. Elle décore le menu de la fête que j’ai partagée avec ma maman et son père dans notre louée maison où j’ai grandi et suis restée longtemps cachée.

Les miettes de pain, Alice R. S. Vissers

Le hasard des déclarations

Les mots que tu assembles proviennent d’un sac où ils sont contenus sous la forme de bandelettes de papier que tu choisis d’une main distraite en espérant que le hasard produira le texte idéal pour toucher le cœur de l’élue de ton cœur qui n’est qu’un sac palpitant où le sang entre, et est expulsé.

Les premiers pas

Le vélo de l’hirondelle la conduit en quelques cycles vers le nid qu’elle protège des intempéries. Elle l’honore de trois oeufs qu’elle perdra durant une forte pluie dans son cauchemar abstrait. Elle les ponctue de vifs regards qui s’égrènent dans nos ruisseaux sans prendre racine. Le vélo s’égare dans ton berceau autour du lac de plaisance que des poissons peuplent artificiellement. Le courant emporte l’aile qu’une plume décrit au vent. Dans son tourbillon joyeux, il remonte au temps des dieux. En ce temps, les plumes ornaient leurs coiffures autrement que celles du peuple d’un autre continent qui ne sera jamais ancien. Ils avaient une fière allure que le peuple de l’eau ne pouvait que contempler en résumant les distances. D’un nuage à l’autre, les fleurs du jardinier royal quadrillaient les rêves des oiseaux fidèles. La taille des abeilles était commandée par des ouvriers expérimentés. Ils savaient ce qu’une coupe signifiait à Jésus-Christ. Le sang de l’agneau ne se compte pas par gouttes qui tombent des vis de nos doutes, terribles pour les fourmis, qui s’assemblent et se mélangent, ravies d’éloigner une orange d’un arbre qui aime décidément les pommes. Elles entourent d’un pas économe le carré qui accueillera les premiers pas très observés d’un enfant recevant pour mission de la part de son père de décrire la vitesse de pousse des rosiers du jardin avec son propre corps, à fière allure, tel un petit dieu, à la lumière des éclaircissement que le ciel commanderait au vent pour cesser de livrer la pluie aux nez tendus pour deux gouttes prêtes à entrer par leurs trous orientés vers le dessus plutôt que vers le dessous.

L’amour filant

Votre rose m’accompagne. Votre prose me rend fier. 

Je vois en vous une mère. Votre clause est sincère. Vous procurez de la joie à un homme qui vous a toujours aimée. 

Il y a encore un amoureux pour poser son regard sur vous au mois d’aout. Les météores ont terminé de traverser le ciel. Votre souhait a été formulé à temps. Je n’ai pas exaucé le néant.

Se pourrait-il que cette ombre qui se profile à l’ombre de cette « pourrais-tu » vacille dans l’espoir que je la rattrape ? Qu’elle est chatte ! Je n’ai pas trois échassiers pour la poursuivre sur de longues pattes.

Le sexe créatif

J’ai envie de sexe créatif. C’est-à-dire que je te fais l’amour, tu ne penses pas l’accomplissement d’une fécondation et d’un enfantement, si cet accident se produit, je t’aide à avorter sans honte, tu ressens l’acte amoureux comme complet et pendant la nuit, je glisse une peluche sous ton haut de pyjama pour qu’en te réveillant, tu aies le sentiment qu’une chose a été créée. 


Ce sont les paroles d’un homme qui ne veut pas de sexe procréatif, mais qui comprend le besoin de sa partenaire de produire quelque chose avec son corps et son cœur, grâce à son partenaire, à l’issue d’un moment d’amour physique et sexuel.

J’ai imaginé ce concept en pensant à ma passion pour Christophe Van Rossom. Je me disais qu’il aurait bien aimé une relation qui fonctionne comme ça, en me basant sur ses textes.

Mnémotechnie

Les girafes n’ont qu’un seul cou, donc il n’y a qu’un f dans le mot pour le désigner.

Les carottes se présentent sous la forme d’une racine unique, mais il y a deux t dans le mot pour les désigner.

Il n’y aurait pas de contre-indication à ce qu’une girafe puisse manger une carotte, donc elles peuvent les manger. Mais, il est évident qu’il ne s’agit pas d’un aliment naturellement présent dans leur alimentation à l’état sauvage.

La girafe est dans le donc. La carotte est dans le mais.

Il y a peut-être une erreur dans le mot carotte ou dans cette racine-même. Au départ, elle était peut-être double.

En latin, on écrit carota. En italien, on écrit giraffa.

Certaines personnes, elles, se focalisent sur les r.

En anglais, on écrit carrot et giraffe.

Longue histoire que celle de Carro et Raff.