Landau yéti, papa

Il est absolument nécessaire de comprendre la question « Qui a peint Poussin? » pour qu’une plume rassemble de son encre frémissante l’espoir d’une aile. Il y a une cinématique de la rapide diffusion que sa couleur tardive exerce sur les joyaux de Pâques. Le landau contient un yéti. Il y a un bébé à l’intérieur. Il est représenté porté par son papa dans trois positions différentes. Il le tient face à lui, sur ses épaules et dans le haut de son dos. Le bébé est de toutes les couleurs. Il existe de multiples versions où les couleurs se sont mélangées sous le regard émerveillé de l’être qui dessinait au marqueur sur son organisateur personnel une note mémo terriblement craquante. Son auteur possède un sexe identifiable. Il s’agit d’une production faite par un homme. On peut le prouver. Il y a une maman dans le dessin sous la forme d’un diable de fil de fer rouge qui sert de vélo au bébé. Son visage est un ovale bleu aux ponctuations malicieuses. Le papa est en pleine forme. Ai-je le droit d’orienter mes recherches concrètes dans cette direction ? Est-ce possible dans la mesure où mon esprit est solide, et nécessite une épouse pour qu’il s’y repose, heureux et productif, dans une nuit de jeux d’enfants parmi les Tours du Temps ?

Magritte, Folon et Nina Cosco

Aujourd’hui, j’ai assisté à la visite guidée FR de l’exposition Magritte/Folon des Musées Royaux des Beaux-Arts de Bruxelles.

Il me parait évident que Nina Cosco est dans la continuité du travail de ces deux artistes. J’ai acheté le livre de l’exposition pour m’amuser à ajouter un dessin de Nina Cosco à chacune des associations faites entre les peintures de Magritte et de Folon.

Je souhaite que l’œuvre de Nina Cosco soit un jour rassemblée dans un musée qui lui serait dédié. Son univers poétique me semble aussi puissant que celui de Jean-Michel Folon. Ses illustrations circuleraient d’un musée à l’autre et voyageraient à l’étranger.

La mort de l’oiseau spécial, Nina Cosco

La nouvelle tapisserie de Nina Cosco portant le titre « La mort de l’oiseau spécial » possède bel et bien un message politique. Il est en faveur de la paix. Les couleurs choisies correspondent à celles des drapeaux de différents pays actuellement en proie à des conflits mettant en péril la population.

Nina Cosco s’exprime à l’aide de couleurs symboliques. Elle prend soin de ne pas afficher un drapeau national tel quel afin de ne pas perturber l’équilibre de son univers graphique. Sa tapisserie pourrait être considérée comme le drapeau d’une cause pacifique.

Un artiste tel que Kasper Bosmans aurait peut-être repris des drapeaux sans leur appliquer de transformations en les alignant et en les plaçant dans une composition plus générale avec un oiseau qui se meurt. Cette traduction de la tapisserie de Nina Cosco est souhaitable.

La jungle de l’intelligence

Nous nous trouvons dans une jungle où les animaux sont légèrement plus intelligents qu’ailleurs. Lorsqu’ils utilisent un bâton pour déloger un insecte d’une cavité afin d’en faire leur repas, leurs gestes sont plus précis et efficaces que ceux des autres animaux. Les sons qu’ils modulent se rapprochent du langage humain. Ils semblent gronder leurs petits avec des mots féroces et prononcer des mots doux à leur partenaire amoureux. Tu te promènes dans cette jungle aux mille sons et aux mille couleurs. La surface des feuilles est souvent large. Tu poses ta main sur l’une d’entre elles. Elle se referme doucement. Certains fruits heurtent le sol avec un son plein et chaleureux. Dans cet environnement, il y a une abondance de plantes comestibles que les singes t’indiquent avec des sourires qui se comprennent rien qu’à travers leurs yeux. Tu réponds à leur sourire en partageant le tien. Certains rongeurs volants te frôlent à dessein. Ils t’apportent des caresses subtiles et stimulantes du bout de leurs poils soyeux. Tu te sens accueilli par cette faune inconnue, exotique. Toi-même, tu te déplaces avec une agilité plus grande et tes facultés mentales sont légèrement meilleures que d’ordinaire. C’est l’endroit qui te permet d’exprimer ton plein potentiel et de t’amener au plus profond de la nature. Ton cœur émet une pulsation régulière et rassurante. Les animaux l’écoutent à l’aide de leurs sens développés. Tu saisis une branche qui trainait au sol. Elle te sert à tracer sur la terre un quadrillage. Des singes apportent des fèves qu’ils placent tels des pions sur le plateau de jeu que tu leur as tracé. Ils sont prêts à jouer une partie avec toi.

Le contrat de mariage

Nonobstant, c’est toujours l’éclat que mon doigt cherchera, inquiet, gourmand – souvent blessé par une petite entaille qui pourrait s’infecter aussi bien qu’une large plaie. Un malheureux contrat écrit sur du papier peut conduire à la mort si on le manipule incorrectement. Le doigt suit les lignes les unes après l’autre avant d’arriver à la signature.

Nonobstant, c’est toujours l’éclat que mon doigt cherchera, inquiet, gourmand – souvent la main saignante.

Extrait de Futurisme à paraitre dans Armes et bagages, Christophe Van Rossom

Cette citation permet de réfléchir à la bague que la femme à épouser souhaite avoir à son doigt.

Noire-Tulipe

Blanche-Neige devient Noire-Tulipe. Le blanc de sa peau et le noir de ses cheveux sont caractéristiques.

Questions

Quel est l’origine du conte de Blanche-Neige ?

Dans quelle contrée du monde pourrait-on situer cette adaptation ?

Quelle est l’historique de la tulipe noire ?

Le rituel de la main

Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai l’impression que tu es capable d’enfanter avec ta main. La fleur n’est pas un sexe, pas uniquement, pas seulement. La feuille pourrait l’être. J’ai envie de caresser des feuilles pour imaginer comme je te caresserais. C’est une partie de la plante qui, normalement, n’entre pas dans le rituel amoureux auquel participent les abeilles, le vent, les animaux, au cœur de la fleur. Elles se posent pourtant sur la feuille plus tard, ces jolies abeilles. Elles aiment s’y reposer. Je pense que tu as peur que je sois si dégoutée par l’aspect de ta main, la gauche, la droite, celle d’en haut, celle d’en bas, celle qui te pousse sur la tête, que tu as peur que je me refuse à toi lorsque je l’aurai vue. Je ne pense pas que tu m’aies créée. Je suis apparue sur cette Terre, comme toi. Tu te poses des questions sur notre origine. Tu n’as pas ces réponses. Lorsque nous nous serons trouvés, je suis sûre que nous nous poserons davantage de questions. Toi non plus, tu ne sais pas pourquoi tu es là. Tu as intensément réfléchi à la question, tu as organisé notre monde comme tu pensais qu’il était bon de le faire. Quand je pense à toi, j’ai l’impression que tu te déplaces sur le sol de cette planète. Tu sais exactement comment te comporter pour qu’on ne cherche jamais à voir ce que contient ta main. Je t’ai peut-être déjà croisé. Je suppose que tu as l’art de te trouver où personne ne pense qu’il y a quelqu’un. Dans un méandre du temps, j’enfanterais d’un enfant. N’est-il pas agréable de lire que je pense à toi et non à Toi ?

Un couple de lettrés

Tu as déplacé mon livre sur l’étagère de droite sans me le dire ! Tu n’avais pas le droit ! Je vais te punir sexuellement en criant sur toi pour que tu exprimes ta honte. À genoux, chienne ! Tu dois fournir du plaisir à l’organe qui me sert à t’aimer. Oui, comme ça. Plus profondément. Encore de longues minutes. Je n’ai pas envie que tu arrêtes. Sois satisfaite de ta prestation. Et surtout, ne recommence jamais un tel forfait ! Tu serais encore punie, plus sévèrement. J’aime crier sur toi. Je suis un homme. Je veux te faire pleurer et te faire ressentir des émotions qui te lieront à moi pour toujours. Je suis violent. Ma voix domine la tienne. Je te domine en tout. Couche-toi par terre. Retire tes vêtements. Caresse tes seins en pensant à moi. Je travaille sur mes notes sans te regarder, mais ça m’aide. Pensais-tu que je désirais autre chose qu’une chienne ?


J’ai écrit ce poème érotique en pensant à Christophe Van Rossom qui parle de Batman et de Catwoman dans son recueil Orion, de nuit. Dans la version de départ de mon poème, il y a l’idée que la femme-chienne se déguise en femme-chat avec une combinaison en latex et que l’on teste encore plus loin son potentiel animalier avec des oreilles de lapin.

La chienne est la chienne splendide du poème Le Cimetière marin de Paul Valéry, dont Christophe Van Rossom a publié un extrait en citation sur son blog.

L’organe qui sert à aimer est le cœur ou le sexe de l’homme.

Le Mal aviaire

Être dégoutant qui baise des putains qui enfantent en plusieurs morceaux dans des bières d’alcooliques ! Il n’y a rien de plus vrai que le Mal aviaire qui détruit les nids. Il se trompe, et de loin ! De mon sabre abimé, j’enfante la rouille sur ses repas. Je chante les fouilles de son trépas. J’enchante les foules de ses exploits !

Les miettes obscures

Il y a des miettes obscures qui rigolent d’aventures lorsque leur poète a trouvé une voix. Cet homme chie bien, je dirais qu’il aime chier ! Il rote, il pète. C’est un philosophe de la lunette des toilettes qu’il tient propre, lui, pour mieux chier au travers. Encore et encore, chier. C’est absolument nécessaire à l’ordre de la vie. On rote, on pète, et puis on chie. Nous avons besoin de cela, surtout moi qui chie bien. J’invite toujours un chien à m’apprendre comment il est bon de chier. Je lui tends ma patte pour qu’il m’invite à chier avec lui dans un effort commun. Il a besoin de cela lui aussi, le partage. Son épopée est un mirage que les vapeurs conflictuelles de la « poubelle » qui au départ, je vous prie, n’en est pas une car on ne jette pas un soda dans un tourbillon qui a besoin de s’inverser à l’autre bout de la Terre, produisent. J’aime découvrir par mégarde que je me tiens coite alors que personne ne sent mes pets ni ne les entend, ne les attend, ne les soupçonne car je suis bien trop maligne pour que leurs senteurs vigoureuses titillent la volonté de ces personnes audacieuses d’en savoir plus à propos d’elles. Ils n’ont pas l’ombre d’un doute lorsque la caisse fraiche et résonnante tombe sur le plancher. Je suis faite pour écrire pour les hommes qui chient. Je leur écris, je prédis leur avenir. Ils iront aux toilettes dans un silence de fête modestement renouvelé par les applaudissements que le public conquis avait besoin d’entendre de son propre cul. Son cul, le sien, celui du peuple ! Le peuple chie, lui ! Il a besoin de cela, il ne le cache pas. Je ne sache pas m’exprimer autrement qu’en vous confiant confiante à la mélodie de mes pets retentissants ! Résonnants ! Lubriques ! Factices ! Originaires d’une région d’Asie du Sud d’où je tire mes revenus en flatulences ! Je reconnais ces bambins que j’ai enfantés dans la honte d’une époque parallèle ! Ce sont les miens, ces pets. Ils sont à moi, je les sens ! Ils ont l’odeur de mes enfants ! Je les ai baisés, il y a longtemps, quand ils cherchaient leur monnaie. Deux pièces rouges, un dessin de Troie. C’était comme cela qu’ils comptaient à leur âge, pour subsister, dans leur misère de gosses.

Les miettes obscures, Alice R. S. Vissers

Avez-vous besoin d’un verre d’eau, professeur ?

Vous me voyez manger une pomme juteuse face à vous essayant d’entamer un dialogue avec vous en vue de nouer une amitié basée sur le respect de nos talents.

« Prenez le large, idiote ! Lisez Lettre à un jeune poète ! Mangez une fourmi, je ne sais pas moi, écrivez ! »

« Si je mange dix fourmis, produirais-je un meilleur texte que si j’en mange une en ayant coupé une patte à la deuxième que j’ai saisie ? »

« Je ne vous répondrai plus ! C’est à vous de trouver davantage de questions si c’est votre façon de construire un texte poétique ! »

« Si je mange cent fourmis, mais que la quatrième possède une patte qui aboutit sur une case d’un jeu d’échec, vais-je perdre la partie ? »

« … »

« La partie manquante de la patte coupée de ma première question. »

« … »

« Mais je me souviens vous avoir demandé si vous vouliez un verre d’eau lorsque vous sembliez assoiffé après votre cours. Il y avait une fourmi à l’intérieur, volontairement placée par mes soins, dans votre verre. Elle se débattait parfaitement au milieu de la lentille de l’eau lorsque je l’ai regardée diaboliquement pour la première fois, avant de vous tendre le verre de mes mains douces et propres sans vous ne le sachiez. »

L’économie des noms

Vous auriez dû venir à cheval. Vous auriez choisi son nom avec une grande attention. Non, je n’ai pas envie d’attribuer un nom à cette fourmi ! Vous ne comprenez rien. Il serait vain de tenter de nommer tous mes cheveux. Les noms doivent être économisé. Quelle beau cheval ! Quel bel enfant ! Je ne m’inquiète de rien.

« Apporte les bons, les nombreux chevaux, grâce auxquels je pourrai en récitant imaginer des énigmes. Puissions-nous par des voies aisées traverser tous les chemins difficiles, trouver aujourd’hui même un gué menant au large! »

Ŗk-Samhitā, X.113.10 (Citation choisie par Christophe Van Rossom)

Le vestiaire des femmes

Je suis polie sur d’autres faces. Retournez-vous pendant que je me déshabille ! Comment osez-vous me regarder ? Je me trouve dans le vestiaire des femmes. Vous n’en êtes pas une ! Le sacrifice de votre masculinité est nécessaire pour que je puisse tolérer votre présence en ce lieu. Reculez ! Ne me touchez pas ! Vous êtes si proche que je ressens votre souffle comme une caresse plus douce que celle de l’eau qui façonne les galets. Posez vos pieds sur le carrelage sans faire remuer vos orteils dans vos chaussures. Le contact est froid. Je ne tolère pas l’agitation. Le chien agite sa queue en battant l’air que sa patte méprise. Regardez, je suis capable de vous serrer la main en formant des ondulations à partir de votre corps lorsque mes seins sont correctement maintenus en place. Votre main est moite et vous sentez la transpiration. Quel dommage que vous n’ayez fait aucun effort !

Les nouvelles espèces

S’éloigner du monde environnant dans une profondeur partagée où il reste plus de 80% d’espèces à découvrir n’est pas à la portée de tout le monde.

Le commun des mortels n’a pas assez de souffle pour arrêter le temps.

S’étendre sur la paresse de l’autre revient à servir un beau discours sur une caractéristique fortement décriée dans ces circonstances précises où deux corps se trouvent étendus l’un sur l’autre.

Mon amour me caresse comme une lampe. Il formule des souhaits auxquels je réponds.

Les vrais amants

Les silences que l’on présage au détriment des vrais amants se confondent dans le paysage lisse de la chance. Les vrais amants rompent leur pain en ne perdant aucune miette de leur bonheur.

L’enfant s’assure que le cocher viendra lui apporter des litres à faire pâlir le premier verre de lait.

Le sixième refus

Mes chevaux possèdent chacun un nom. 

Philippe-Marin du Calice à la Coupe Calme Honneur Réciproque Narcisse au bord du Lac

Soleil de Mai Printemps Funeste Jument Mystique Enfant d’une Louve ayant mis bas le jour de la naissance de Rome

Lune de Novembre Automne Équestre Ruisseau de l’Enfance où nage le poisson Arc-en-ciel

Orage Millénaire Diamant Factice dont l’Origine retient la Vérité

Fiancée Fidèle Épouse Légitime Église Rayonnante durant une Minute de Silence

Trésor dans le Ciel Monde Flottant à la Lumière d’une Exposition

Fière Chandelle Remerciement Chaleureux Reconnaissance sans Nom pour l’Éternité

Miroir Scintillant Reflet Exact Surface d’Entrée vers un Monde Identique

Perte d’une Dent de Lait sur la Taie de l’Oreiller où l’Enfant pose sa Tête

Vanille Extraite d’une Gousse Navrée d’Être Seule dans un Tube Éprouvette

Trêve Heureuse de se Prolonger comme une Lecture Tard dans la Nuit

Mécanisme Compliqué Assemblage Délicat de Rouages Fragiles que l’on assemble par la Pensée

Lequel avez-vous choisi ? Vous ignorez son nom.

Le sang dégénéré

Ton sang dégénéré fait de toi une proie facile, Alice R. S. Vissers

Le saignement de nez mauve goutte dans le bocal du poisson rouge dont les instincts de requin ne demandent qu’à être réveillés.

J’ai beaucoup étudié la « pensée absurde et minimale » de l’artiste Nina Cosco pour parvenir à la mienne. La pensée de Nina Cosco correspond au sens positif de ces deux adjectifs.

Le témoin

Vittoria est une femme d’une grande beauté dont les tatouages préhistoriques n’ont d’autre but que de faire de son corps complet une grotte à explorer en surface. Son nu est le plus commenté de l’Histoire de l’art. Je l’ai commenté mille fois, en messages, en mots, en pensée, en regards, en délire, en larmes, en souffrance, en trahison, en folie, en le bonheur intact de la revoir un jour. Cet être d’une maturité prodigieuse est une grande amie pour moi. Je regrette de ne pouvoir l’inviter dans sa parure de nudité à mon mariage fastueux. Le code vestimentaire de sa lettre d’invitation indique qu’il faut se vêtir d’étoffes précieuses.
L’église dans laquelle j’épouse mon amour est une grotte devant laquelle on marque un arrêt avant d’entrer. On lui demande « Puis-je vous explorer ? M’est-il permis de passer ma main sur vos dessins anciens ? »
Elle s’éclaire de l’intérieur pour projeter ses tatouages sur nos registres pariétaux. Je regarde mes doigts dans le soleil pour voir la couleur rouge qu’elle porte si bien. Elle est le témoin de cette couleur que Wéry a retrouvée pour Carpaccio qui l’avait lui-même trouvée pour Vittoria.

J’aime Olimpia

Vous êtes une magnifique petite tarte cherchant un ogre propre sur lui sur lequel se jeter. Olimpia est le prénom qui représente pour moi tout ce que j’aime. J’ai toujours aimé que vous soyez présente à mon cours. Vous m’êtes agréable. À chacun de vos éclats de rire un pont se créait entre votre monde et le mien. J’ai lutté pendant des mois contre ma volonté de vous inviter chez moi avec une question innocente. Vous êtes une femme. J’ai le droit de vous faire l’amour avec des mots. Olimpia à la bouche attirante, Olimpia aveuglée par son amour pour son professeur, Olimpia au ciel, Olimpia ravissante, Olimpia satisfaite d’être comblée de bonheur dans les bras de son professeur. Cette satisfaction est le signe d’un consentement. Vous conservez votre équilibre lorsque vous vous trouvez sur une jambe, la tête dans les nuages, le regard lointain, la divinité en ligne de mire. Permettez-moi de vous tenir par la taille et de vous faire pivoter en direction d’un être plus à votre portée. J’aime écrire à propos de vous. Vous êtes le modèle le plus adapté à mon imaginaire par bonheur propice à déborder sur une honnête étudiante. Vos façons me coutent des soupirs parvenant ensemble à me faire respirer. Je suis heureux que je n’aie eu aucun assistant pour se charger d’absorber vos incalculables regards hasardeux. Il n’aurait pas eu mon autorisation pour vous adresser la parole.

Le diable de fil de fer bleu

Il attire à lui l’amour qui lui est destiné.

Son corps est fin et délicat. Il est comparable à un petit vélo pour bébé.

Son visage est un ovale rouge aux ponctuations malicieuses. Il s’agit d’un masque.

Il lui faudrait un enfant qui, pédalant, pourrait les ramener à moi pour toujours.

Le cœur odorant

Écrit par un nom surfait sur une note fragile, l’amour déchargé de l’illuminante beauté enfante de sa main les sourires malins des presqu’hirondelles. Ses multiples tentatives pour appeler un poète ivre l’ont jetée féroce au cœur de cette noce. À l’aube de sa treizième année, l’histoire s’est retirée de la carte. Elle médite pour vivre un seul instant, à elle seule, cachée. Je suis à toi ô poète du temps. Les opéras que je chante pour toi naissent dans les plis de mon tempérament, rieur, doux, heureux de souhaits que l’on formule à temps. À moins que la vie n’efface les traces de mes effacements, je prédis qu’en ce moment, tes chaussures de même pointure impriment des formes sur la neigeuse colline.

Occupée à caresser les coquilles des joyaux de Pâques, préoccupée par leurs cernes vagues, je donne une date à l’éclosion du printemps. Mes mains douces et aimantes te caressent ensemble pour que ton être s’assemble sur le mode éternel des épuisants discours. Personne ne pensait que la petite fille s’éloignant avec des provisions trouverait un jour son livre pour danser joyeusement sous les rayons de la seule saison qu’elle attend avec son bâton, odorante, comme le bout d’une fougère venue des temps anciens que sa famille recouvrait de frondes sur un motif balisé de strass. Rubis, saphir, Aphrodite, rouge, Sappho rougit à cette couleur qui se transmet de mot en mot, chargée d’une erreur, par diffusion véloce durant sa nuit personnelle.

Lumineux instants mêlant couleur et douceur, je vous appelle de toutes mes forces en tapant très vite sur un tambour, battant mon émotion, perdue, dans les hauteurs de cette crue. J’ai si mal que les appels fréquents des bouches de mes enfants me traversent par les mauvaises portes que je détiens ouvertes face à la falaise donnant sur la mer déchainée. Sourires perdus au pire de cette crue, je vous retiens d’une main qui trace des traits convexes. Eaux dormantes, vous m’avez ravi les motifs de mes insomnies lorsque, déployant vos fastes lenteurs, le château de ma progéniture s’est effondré sur un mode lent et douloureux. Surprise attentionnée, adieu enfant caché ! Je te voulais petit, toujours petit, petitement précoce.

Poétesse discrète, tu es capable durant la mort, souvent, après que le rythme des salles de musique ait été dispersé par les derniers auditeurs, de reprendre seule l’air que l’orchestre donnait à écouter pour le rallonger d’un rappel que tu t’adresses pour te faire oiseau. Un homme drapé dans la nuit d’une loge ignorée de tes regards t’observe. Il déplace le sien d’un endroit à l’autre de l’espace en respectant le mystère des velues poussières qui réagissent à la voix et à ses soupirs chargés d’humilité.

L’écurie protégeait l’épouse patiente de sa moitié falsifiée. Jument punie, immonde, l’érection d’une tombe lui permit de créer, au coeur de cette vue longue, une oeuvre télescopique, traquée par un voyeur qui l’observait tranquillement quand elle se déplaçait d’une salle à l’autre de l’espace éducatif. J’ai lu les textes en associant à leurs noms propres des chiffres modestement tracés. Il n’y a pas l’ombre d’une question lorsque la pluie de matières sèches témoigne dans un crépitement ardent que l’épouse fidèle, de ses mains, modèle les bonshommes aux trois boutons. Mon œuvre est si longue que le temps la féconde à la moindre seconde. J’ignore si ces propos aux lèvres de mon Amour, sont une pluie de détours où l’embrasser. Le dédale de ses finances tourne plus haut que les hélices des machines sveltes des années lumières. Le labyrinthe de cette tour n’a pas plus d’invités qu’un seul homme à la fois.

La chambre ardente était éteinte aux yeux de plainte des ans fantômes de nos feuilles blanches. J’ai cru bon de lui soumettre l’impossible au millimètre d’un petit amas futile qui d’un fragile équilibre, touché au coeur des villes, aime briller en son absence. L’amas gît d’aimer, modestement poussé par de petites flottes d’air. Il se promenait lentement, en approchant le travail d’un avion prêt à s’abattre sur l’illusoire primate assuré à un clocher. Sans que la course ne soit requise, le primatologue se lança tout droit, au péril ou au trépas, de son chemin de croix. La race observée de près, gymnaste de l’an grec, est nue pour lutter à mort. Le singe que l’on ne voit pas, se jette du haut du toit. Sur la pointe du clocher, un très petit oiseau s’est trouvé un espace tranquille pour faire son nid à trois œufs, une nouvelle fois, trois oeufs qu’il perdra dans son cauchemar animal.

L’épanouissement passe de temps à autre d’une fleur à l’autre, abeilles lointaines autour du cœur odorant.

Einstein, Le fantastique voyage d’une souris dans l’espace-temps

L’illustrateur Torben Kuhlmann est l’auteur du livre jeunesse Einstein, Le fantastique voyage d’une souris dans l’espace-temps (2020).

Je suis séduite par la finesse de cette histoire. Les mécanismes du temps sont étudiés par une petite souris capable de percer les secrets de rouages de très petites à très grandes dimensions.

La petite souris, au lieu de courir dans une roue comme les rongeurs domestiques, se construit un siège et s’installe dans un réveille-matin qu’elle a transformé en machine à voyager dans le temps.

L’histoire émet l’hypothèse d’une interaction réciproque entre le passé et le futur. Le petite souris du futur se passionne pour les travaux qu’Albert Einstein a laissés. Lorsqu’elle le découvre dans le passé, elle lui écrit des devinettes et lui pose des questions pour l’aider à corriger sa machine afin qu’elle puisse retourner dans son temps naturel. Elle laisse involontairement la trace de ses pattes sur une petite note qu’Albert Einstein découvre quelques instants après qu’elle ait disparu en direction du futur.

Le personnage d’Albert Einstein est représenté avec justesse. Les couleurs de ce passé sont chaleureuses.

En cette période de l’histoire, de nombreuses personnes s’interrogent sur la participation de Mileva Maric, la première épouse d’Albert Einstein, à l’élaboration des théories de son mari. Il faudrait envoyer une petite souris à la rencontre de Mileva Maric pour en savoir plus.