Le triomphe de mon opéra

Le triomphe de mon opéra n’apportera qu’à moi le bonheur intense de l’amour immense que le Christ m’a donné. J’ai appris à chanter en composant mon œuvre, me baignant les pieds dans une eau tiède. Leur moiteur disparaitrait à l’aide d’une substance pulvérisée dans un second temps. La pâleur de mon visage occasionne des désagréments aux yeux sensibles, recherchant les profondeurs abyssales dans les cubes d’eau des volumes lascifs. La mort sombre ne s’élance vers le sommet du plateau automnal que pour s’abattre plus tôt sur la plaine hivernale, balayée par les drames et la misère humaine qu’un agent d’entretien prédisait en soupirant. Les noyaux tombent de leurs bouches alors qu’ils pourraient les cracher en faisant des ricochets à la surface de l’eau. Le cerisier ne poussera jamais au cœur du lac. Par malheur, nous ne verrons pas ses fleurs aquatiques devenir aériennes dans un festival de vérités. Ô fiancé mythique, j’épouserai la forme du contenant de verre que l’on me tend. Une fourmi s’y noie, et je me demande ce qu’elle attend de moi, de mon doigt si sale comparé à cette eau de source si pure prélevée dans le ruisseau de mon enfance. Tendre et malicieux, vous proclamez mon règne amoureux à l’aube des brumes sapides que vous respirez au rythme des saisons. Je câline les harfangs qui me caressent en songe. Frissonnante, mes pensées vous accompagne lorsque vous volez dans la nuit qui vous accueille de son silence magicien. Je tiens une baguette dans chacune de mes mains : l’une orchestre mon opéra, l’autre enchante les spectateurs. J’anime l’ordre et la foule pour que dans un monde qui coule, l’illuminante beauté puisse éclater à la surface !

Le triomphe de mon opéra

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