Vous me voyez manger une pomme juteuse face à vous essayant d’entamer un dialogue avec vous en vue de nouer une amitié basée sur le respect de nos talents.
« Prenez le large, idiote ! Lisez Lettre à un jeune poète ! Mangez une fourmi, je ne sais pas moi, écrivez ! »
« Si je mange dix fourmis, produirais-je un meilleur texte que si j’en mange une en ayant coupé une patte à la deuxième que j’ai saisie ? »
« Je ne vous répondrai plus ! C’est à vous de trouver davantage de questions si c’est votre façon de construire un texte poétique ! »
« Si je mange cent fourmis, mais que la quatrième possède une patte qui aboutit sur une case d’un jeu d’échec, vais-je perdre la partie ? »
« … »
« La partie manquante de la patte coupée de ma première question. »
« … »
« Mais je me souviens vous avoir demandé si vous vouliez un verre d’eau lorsque vous sembliez assoiffé après votre cours. Il y avait une fourmi à l’intérieur, volontairement placée par mes soins, dans votre verre. Elle se débattait parfaitement au milieu de la lentille de l’eau lorsque je l’ai regardée diaboliquement pour la première fois, avant de vous tendre le verre de mes mains douces et propres sans vous ne le sachiez. »
