Vittoria est une femme d’une grande beauté dont les tatouages préhistoriques n’ont d’autre but que de faire de son corps complet une grotte à explorer en surface. Son nu est le plus commenté de l’Histoire de l’art. Je l’ai commenté mille fois, en messages, en mots, en pensée, en regards, en délire, en larmes, en souffrance, en trahison, en folie, en le bonheur intact de la revoir un jour. Cet être d’une maturité prodigieuse est une grande amie pour moi. Je regrette de ne pouvoir l’inviter dans sa parure de nudité à mon mariage fastueux. Le code vestimentaire de sa lettre d’invitation indique qu’il faut se vêtir d’étoffes précieuses.
L’église dans laquelle j’épouse mon amour est une grotte devant laquelle on marque un arrêt avant d’entrer. On lui demande « Puis-je vous explorer ? M’est-il permis de passer ma main sur vos dessins anciens ? »
Elle s’éclaire de l’intérieur pour projeter ses tatouages sur nos registres pariétaux. Je regarde mes doigts dans le soleil pour voir la couleur rouge qu’elle porte si bien. Elle est le témoin de cette couleur que Wéry a retrouvée pour Carpaccio qui l’avait lui-même trouvée pour Vittoria.
