Tu te promènes parmi les collections du Musée L. D’autres participants t’accompagnent à cet atelier de gestion des émotions. Vos pas timides sont guidés par deux femmes, l’une psychologue et l’autre historienne de l’art. Vous êtes autorisés à vous déplacer en chaussettes dans le musée. Tu te déplaces avec le groupe jusqu’à la première œuvre. Tu observes une abstraction verticale de Luc Peire. Tu t’ancres dans le sol en ayant pour mât la ligne bleue qui traverse l’œuvre en son milieu. Les lignes qui te font face se prolongent vers l’infini du bas et du haut. Ce n’est pas simplement une cascade qui coule vers le bas. Plus loin, tu t’arrêtes devant une série de boules placées sur un autel triangulaire. Tu observes qu’elles bougent d’une façon très légèrement perceptible. Tu fermes les yeux. Tu écoutes le bruit de la machine qui se cache dans le socle de l’œuvre. Il ressemble vaguement à celui d’une hélice, mais pas seulement. Tu ignores quels sont les bruits de ton propre corps à l’échelle cellulaire. Tu rejoins ensuite les moulages du plateau supérieur. Tu fixes un moulage d’une statue ancienne représentant une femme souriante aux cheveux bouclés, durant plusieurs minutes, de face, puis de profil et enfin en tournant la tête vers le bas pour l’observer en contre-plongée. Tu prends conscience que la couleur dorée des moulages est produite par l’éclairage jaune du musée. Tu te couches sur le sol pour profiter du calme. L’expérience touche à sa fin. Tu apprends lors de la mise en commun des impressions de chacun que les autres participants ont, pour certains, beaucoup de difficulté à se relaxer à cause des contraintes professionnelles qui occupent leurs pensées et des bruits environnants auxquels tu faisais à peine attention tant tu étais plongée en toi-même et dans les œuvres.
Étiquette : hypnose
La jungle de l’intelligence
Nous nous trouvons dans une jungle où les animaux sont légèrement plus intelligents qu’ailleurs. Lorsqu’ils utilisent un bâton pour déloger un insecte d’une cavité afin d’en faire leur repas, leurs gestes sont plus précis et efficaces que ceux des autres animaux. Les sons qu’ils modulent se rapprochent du langage humain. Ils semblent gronder leurs petits avec des mots féroces et prononcer des mots doux à leur partenaire amoureux. Tu te promènes dans cette jungle aux mille sons et aux mille couleurs. La surface des feuilles est souvent large. Tu poses ta main sur l’une d’entre elles. Elle se referme doucement. Certains fruits heurtent le sol avec un son plein et chaleureux. Dans cet environnement, il y a une abondance de plantes comestibles que les singes t’indiquent avec des sourires qui se comprennent rien qu’à travers leurs yeux. Tu réponds à leur sourire en partageant le tien. Certains rongeurs volants te frôlent à dessein. Ils t’apportent des caresses subtiles et stimulantes du bout de leurs poils soyeux. Tu te sens accueilli par cette faune inconnue, exotique. Toi-même, tu te déplaces avec une agilité plus grande et tes facultés mentales sont légèrement meilleures que d’ordinaire. C’est l’endroit qui te permet d’exprimer ton plein potentiel et de t’amener au plus profond de la nature. Ton cœur émet une pulsation régulière et rassurante. Les animaux l’écoutent à l’aide de leurs sens développés. Tu saisis une branche qui trainait au sol. Elle te sert à tracer sur la terre un quadrillage. Des singes apportent des fèves qu’ils placent tels des pions sur le plateau de jeu que tu leur as tracé. Ils sont prêts à jouer une partie avec toi.
Le son reposant
Ô mon fiancé ! Ta voix est la plus belle ! Mon rêve est, vois-tu, que tralala. Nous chantons à deux le chant poétique entièrement destiné à nos merveilleux enfants. Tac, tac, tac, le professeur a enregistré pour lui-même une hypnose d’une heure qu’il destine à son étudiante fidèle, mariée et heureuse, en éprouvant le plaisir de lui en offrir un très grand si un soir, dans son lit, au calme, seule, sereine, elle pouvait l’écouter.
Tac, tac, tac, tac, tac, tac, ces sons reposants sont prononcés par l’Historien de l’art. Celui qu’il prit le temps de faire durer à son cours a produit dans l’esprit de l’une de ses étudiantes une unité de bien-être, idéale pour endormir ses enfants.
Et tac ! Debout, mon petit ! Le matin chanté par le coq point sans tac attendre. Son ami le paon de la vallée se manifestera à toi par ses cris reconnaissables lorsque que tu reviendras à pied de l’école des bruyères. J’ai confiance en ta capacité à discerner un chant d’un cri. Le paon a besoin qu’on l’aide, mais nous ignorons où il se trouve ! Il faut mener une enquête pour savoir quel est l’habitant qui le retient prisonnier dans une cage aux barreaux d’or près d’une fontaine aux poissons d’argent où s’abreuvent des biches de bronze.
Le professeur, de bonne heure, nous remet les feuilles d’examen. L’étudiante aux yeux doux et timides ne les mouillent pas d’humides larmes quand à nouveau elle loue ses charmes dans la modulation de son écriture ambivalente. Tac, tac, tac, tac, encore la même seconde que la montre de couleurs inonde de sa lumière féconde.

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