Comme une balle en plein livre de poitrine, l’amour m’atteint sans faire de dégâts à mon cœur. Je suis sauve, sur la rive du retard absent, en belle embarcation : raisonnable, funeste, hétéroclite, retardataire malgré les obstacles à un flux moins dense. La poche patente se contente d’un baiser en guise d’adieu sur le ton lorsqu’elle quitte la rive, distraite par d’autres départs. Hiver absolu, très froid, restrictif, il n’y a que le cœur qui survivra. Pas fâchée contre le temps, quoique fâchée quand même contre ce quelqu’un lorsqu’il est équipé de sa majuscule, je déloge l’obole du bal en compagnie d’un cygne édifiant dont la robe molle ne fait pas mal. Le sentiment de la rencontre du premier jour reste intact. Il chute sans fin, mais je veux qu’il se heurte à mes préoccupations du moment.
Mois : juillet 2025
Le visage des dés
Le 13 mars 2024, j’ai assisté à une conversation organisée entre Nina Cosco et Aurélie Salavert dans une école d’art bruxelloise.
Mon attention a été retenue par un dessin d’Aurélie Salavert dans lequel quatre ou cinq corneilles se tiennent sur une branche. Elles sont chacune de profil et espacées de manière égale. Cette disposition des éléments est proche de celle qu’emploie Nina Cosco. Je réfléchissais à ce qui aurait très précisément séduit l’une et l’autre dans les dessins de leur consœur, en cherchant des explications possibles.
Je réfléchissais aussi à l’importance du nombre dans les dessins de Nina Cosco. Elle m’a expliqué qu’elle représentait naturellement des éléments espacés et qu’elle ne donnait pas de signification particulière au nombre d’éléments dans ses dessins.
J’éprouve du confort à regarder ses illustrations. Il en va de même lorsque je regarde un dé à jouer. Les nombres qui entrent en jeu ne sont pas trop élevés. De larges espaces sont ménagés autour des personnages.
L’univers de l’enseignement primaire comprend de nombreuses fiches d’activités dont le style graphique se rapproche de celui de Nina Cosco. La façon de disposer les informations sur la page et d’utiliser des personnages et d’autres éléments faits de formes simples, souvent rondes, est similaire.
Nina Cosco pourrait travailler à l’aide d’un dé pour choisir le nombre d’éléments qu’elle représenterait dans un dessin.
Cinq filles sèment trois graines dans deux pots. Une fille sème six graines dans un pot. Les deux situations laissent deviner des mises en image différentes. La première phrase pourrait être illustrée par deux paires de filles qui sèment une graine à deux, en plus de la cinquième fille qui sème la sienne toute seule.
Je recommande l’écoute du cours de Stanislas Dehaene intitulé « 01 – Fondements cognitifs de l’arithmétique élémentaire : Le concept de nombre » (12.02.2008) pour en savoir plus sur le concept de nombre. J’ignore s’il est aujourd’hui dépassé.
Il y a trois façons d’approcher le nombre :
- Le comptage,
- L’estimation,
- La subitisation (jusqu’à 3 ou 4 éléments).
Le visage d’un dé pourrait être la partie visible formée par les faces représentant le 1, le 2 et le 3 vues simultanément, car ces informations sont séparément immédiatement reconnaissable, « subitisables » à la manière d’un nez, de deux yeux et d’une bouche faite par une ligne de trois points. Tout dépend de l’ajout ou non du nombre quatre dans la théorie et comment l’agencement des points entre eux entre en considération.
C’est aussi la vue dont la somme des points ne dépasse pas la plus haute valeur du dé.
🎲
(Texte à améliorer)
Hypnose au Musée L
Tu te promènes parmi les collections du Musée L. D’autres participants t’accompagnent à cet atelier de gestion des émotions. Vos pas timides sont guidés par deux femmes, l’une psychologue et l’autre historienne de l’art. Vous êtes autorisés à vous déplacer en chaussettes dans le musée. Tu te déplaces avec le groupe jusqu’à la première œuvre. Tu observes une abstraction verticale de Luc Peire. Tu t’ancres dans le sol en ayant pour mât la ligne bleue qui traverse l’œuvre en son milieu. Les lignes qui te font face se prolongent vers l’infini du bas et du haut. Ce n’est pas simplement une cascade qui coule vers le bas. Plus loin, tu t’arrêtes devant une série de boules placées sur un autel triangulaire. Tu observes qu’elles bougent d’une façon très légèrement perceptible. Tu fermes les yeux. Tu écoutes le bruit de la machine qui se cache dans le socle de l’œuvre. Il ressemble vaguement à celui d’une hélice, mais pas seulement. Tu ignores quels sont les bruits de ton propre corps à l’échelle cellulaire. Tu rejoins ensuite les moulages du plateau supérieur. Tu fixes un moulage d’une statue ancienne représentant une femme souriante aux cheveux bouclés, durant plusieurs minutes, de face, puis de profil et enfin en tournant la tête vers le bas pour l’observer en contre-plongée. Tu prends conscience que la couleur dorée des moulages est produite par l’éclairage jaune du musée. Tu te couches sur le sol pour profiter du calme. L’expérience touche à sa fin. Tu apprends lors de la mise en commun des impressions de chacun que les autres participants ont, pour certains, beaucoup de difficulté à se relaxer à cause des contraintes professionnelles qui occupent leurs pensées et des bruits environnants auxquels tu faisais à peine attention tant tu étais plongée en toi-même et dans les œuvres.

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