Chapitre 1

C’était le 1er septembre. Le temps était ensoleillé. Une jeune femme à peine sortie de l’adolescence montait la rue qui mène au cimetière communal de Boitsfort. 

Ses cheveux mi-longs, bruns et lisses étaient mis en mouvement alors qu’elle se déplaçait. Elle marchait d’un pas vif et rapide, ses yeux marrons se posant sur tous les signes qui donnaient des indications sur la vie du quartier. Elle s’arrêta devant la maison située en face de chez le tailleur de pierre. Elle ouvrit la porte à l’aide de ses clés, puis gravit les marches jusqu’au deuxième étage pour rejoindre un petit appartement de trois pièces dont elle était l’occupante. 

Elle retira ses chaussures, puis se dirigea vers son bureau de verre dans sa petite chambre. Il s’y trouvait plusieurs sacs de vêtements et de livres qu’il lui restait à ranger dans sa penderie et sur ses étagères.

Prenant un stylo à plume, elle commença à écrire dans un carnet ayant l’apparence d’un journal intime.

J’ai emménagé ce matin dans mon logement étudiant. M. Minois, le propriétaire, habite au rez-de-chaussée. Au premier étage, il y a la chambre de son fils. Il n’est pas présent pour le moment. Je ne l’ai encore jamais vu. M. Minois est une personne serviable. Il possède une librairie de livres anciens. Il m’a expliqué qu’au moindre inconvénient, je pouvais lui téléphoner ou frapper à sa porte. Je prendrai soin de ne pas abimer son bien. Je suis une personne soigneuse. Cela ne devrait pas poser de problème.

Je rentre à mon appartement après avoir été faire un tour dans le quartier et avoir mangé mon piquenique dans le parc que longe une portion de la rue de Middelbourg. 

Je me demande ce que cette nouvelle année me réserve. Chaque année qui passe est plus agréable que la précédente. Pourtant, un frisson me parcourt en écrivant ces lignes.

La jeune femme reposa son stylo à plume, referma son journal intime en prenant garde que l’encre fût sèche et observa l’environnement de sa chambre. Les murs étaient propres, blancs et lisses. Il aurait été dommage de les salir ou d’y faire des perforations. Il semblait qu’elle ne fût elle aussi ni tatouée ni percée. Une telle comparaison disqualifie ces pratiques créatives qui prennent alors la forme d’une dégradation. 

Elle marquait sa présence dans son nouvel espace à l’aide de son journal intime qu’elle plaçait consciencieusement sur son bureau.[1] Il s’agissait d’un carnet décoré avec un chat qui tourne la tête vers le regardeur alors qu’il se trouve de dos.[2]


[1] Isabelle fait des marques dans son journal intime, mais pas sur son corps.

[2] Le chat de dos qui regarde vers l’arrière est une figure de seuil. 

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Auteur/autrice : Alice Vissers

Alice Rosa Stéphanie Vissers est une femme belge née le 22 mai 1997. Elle est tournée vers son monde intérieur.

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