Noire-Tulipe

Blanche-Neige devient Noire-Tulipe. Le blanc de sa peau et le noir de ses cheveux sont caractéristiques.

Questions

Quel est l’origine du conte de Blanche-Neige ?

Dans quelle contrée du monde pourrait-on situer cette adaptation ?

Quelle est l’historique de la tulipe noire ?

Le rituel de la main

Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai l’impression que tu es capable d’enfanter avec ta main. La fleur n’est pas un sexe, pas uniquement, pas seulement. La feuille pourrait l’être. J’ai envie de caresser des feuilles pour imaginer comme je te caresserais. C’est une partie de la plante qui, normalement, n’entre pas dans le rituel amoureux auquel participent les abeilles, le vent, les animaux, au cœur de la fleur. Elles se posent pourtant sur la feuille plus tard, ces jolies abeilles. Elles aiment s’y reposer. Je pense que tu as peur que je sois si dégoutée par l’aspect de ta main, la gauche, la droite, celle d’en haut, celle d’en bas, celle qui te pousse sur la tête, que tu as peur que je me refuse à toi lorsque je l’aurai vue. Je ne pense pas que tu m’aies créée. Je suis apparue sur cette Terre, comme toi. Tu te poses des questions sur notre origine. Tu n’as pas ces réponses. Lorsque nous nous serons trouvés, je suis sûre que nous nous poserons davantage de questions. Toi non plus, tu ne sais pas pourquoi tu es là. Tu as intensément réfléchi à la question, tu as organisé notre monde comme tu pensais qu’il était bon de le faire. Quand je pense à toi, j’ai l’impression que tu te déplaces sur le sol de cette planète. Tu sais exactement comment te comporter pour qu’on ne cherche jamais à voir ce que contient ta main. Je t’ai peut-être déjà croisé. Je suppose que tu as l’art de te trouver où personne ne pense qu’il y a quelqu’un. Dans un méandre du temps, j’enfanterais d’un enfant. N’est-il pas agréable de lire que je pense à toi et non à Toi ?

Un couple de lettrés

Tu as déplacé mon livre sur l’étagère de droite sans me le dire ! Tu n’avais pas le droit ! Je vais te punir sexuellement en criant sur toi pour que tu exprimes ta honte. À genoux, chienne ! Tu dois fournir du plaisir à l’organe qui me sert à t’aimer. Oui, comme ça. Plus profondément. Encore de longues minutes. Je n’ai pas envie que tu arrêtes. Sois satisfaite de ta prestation. Et surtout, ne recommence jamais un tel forfait ! Tu serais encore punie, plus sévèrement. J’aime crier sur toi. Je suis un homme. Je veux te faire pleurer et te faire ressentir des émotions qui te lieront à moi pour toujours. Je suis violent. Ma voix domine la tienne. Je te domine en tout. Couche-toi par terre. Retire tes vêtements. Caresse tes seins en pensant à moi. Je travaille sur mes notes sans te regarder, mais ça m’aide. Pensais-tu que je désirais autre chose qu’une chienne ?


J’ai écrit ce poème érotique en pensant à Christophe Van Rossom qui parle de Batman et de Catwoman dans son recueil Orion, de nuit. Dans la version de départ de mon poème, il y a l’idée que la femme-chienne se déguise en femme-chat avec une combinaison en latex et que l’on teste encore plus loin son potentiel animalier avec des oreilles de lapin.

La chienne est la chienne splendide du poème Le Cimetière marin de Paul Valéry, dont Christophe Van Rossom a publié un extrait en citation sur son blog.

L’organe qui sert à aimer est le cœur ou le sexe de l’homme.