Le diable de fil de fer bleu

Il attire à lui l’amour qui lui est destiné.

Son corps est fin et délicat. Il est comparable à un petit vélo pour bébé.

Son visage est un ovale rouge aux ponctuations malicieuses. Il s’agit d’un masque.

Il lui faudrait un enfant qui, pédalant, pourrait les ramener à moi pour toujours.

Le cœur odorant

Écrit par un nom surfait sur une note fragile, l’amour déchargé de l’illuminante beauté enfante de sa main les sourires malins des presqu’hirondelles. Ses multiples tentatives pour appeler un poète ivre l’ont jetée féroce au cœur de cette noce. À l’aube de sa treizième année, l’histoire s’est retirée de la carte. Elle médite pour vivre un seul instant, à elle seule, cachée. Je suis à toi ô poète du temps. Les opéras que je chante pour toi naissent dans les plis de mon tempérament, rieur, doux, heureux de souhaits que l’on formule à temps. À moins que la vie n’efface les traces de mes effacements, je prédis qu’en ce moment, tes chaussures de même pointure impriment des formes sur la neigeuse colline.

Occupée à caresser les coquilles des joyaux de Pâques, préoccupée par leurs cernes vagues, je donne une date à l’éclosion du printemps. Mes mains douces et aimantes te caressent ensemble pour que ton être s’assemble sur le mode éternel des épuisants discours. Personne ne pensait que la petite fille s’éloignant avec des provisions trouverait un jour son livre pour danser joyeusement sous les rayons de la seule saison qu’elle attend avec son bâton, odorante, comme le bout d’une fougère venue des temps anciens que sa famille recouvrait de frondes sur un motif balisé de strass. Rubis, saphir, Aphrodite, rouge, Sappho rougit à cette couleur qui se transmet de mot en mot, chargée d’une erreur, par diffusion véloce durant sa nuit personnelle.

Lumineux instants mêlant couleur et douceur, je vous appelle de toutes mes forces en tapant très vite sur un tambour, battant mon émotion, perdue, dans les hauteurs de cette crue. J’ai si mal que les appels fréquents des bouches de mes enfants me traversent par les mauvaises portes que je détiens ouvertes face à la falaise donnant sur la mer déchainée. Sourires perdus au pire de cette crue, je vous retiens d’une main qui trace des traits convexes. Eaux dormantes, vous m’avez ravi les motifs de mes insomnies lorsque, déployant vos fastes lenteurs, le château de ma progéniture s’est effondré sur un mode lent et douloureux. Surprise attentionnée, adieu enfant caché ! Je te voulais petit, toujours petit, petitement précoce.

Poétesse discrète, tu es capable durant la mort, souvent, après que le rythme des salles de musique ait été dispersé par les derniers auditeurs, de reprendre seule l’air que l’orchestre donnait à écouter pour le rallonger d’un rappel que tu t’adresses pour te faire oiseau. Un homme drapé dans la nuit d’une loge ignorée de tes regards t’observe. Il déplace le sien d’un endroit à l’autre de l’espace en respectant le mystère des velues poussières qui réagissent à la voix et à ses soupirs chargés d’humilité.

L’écurie protégeait l’épouse patiente de sa moitié falsifiée. Jument punie, immonde, l’érection d’une tombe lui permit de créer, au coeur de cette vue longue, une oeuvre télescopique, traquée par un voyeur qui l’observait tranquillement quand elle se déplaçait d’une salle à l’autre de l’espace éducatif. J’ai lu les textes en associant à leurs noms propres des chiffres modestement tracés. Il n’y a pas l’ombre d’une question lorsque la pluie de matières sèches témoigne dans un crépitement ardent que l’épouse fidèle, de ses mains, modèle les bonshommes aux trois boutons. Mon œuvre est si longue que le temps la féconde à la moindre seconde. J’ignore si ces propos aux lèvres de mon Amour, sont une pluie de détours où l’embrasser. Le dédale de ses finances tourne plus haut que les hélices des machines sveltes des années lumières. Le labyrinthe de cette tour n’a pas plus d’invités qu’un seul homme à la fois.

La chambre ardente était éteinte aux yeux de plainte des ans fantômes de nos feuilles blanches. J’ai cru bon de lui soumettre l’impossible au millimètre d’un petit amas futile qui d’un fragile équilibre, touché au coeur des villes, aime briller en son absence. L’amas gît d’aimer, modestement poussé par de petites flottes d’air. Il se promenait lentement, en approchant le travail d’un avion prêt à s’abattre sur l’illusoire primate assuré à un clocher. Sans que la course ne soit requise, le primatologue se lança tout droit, au péril ou au trépas, de son chemin de croix. La race observée de près, gymnaste de l’an grec, est nue pour lutter à mort. Le singe que l’on ne voit pas, se jette du haut du toit. Sur la pointe du clocher, un très petit oiseau s’est trouvé un espace tranquille pour faire son nid à trois œufs, une nouvelle fois, trois oeufs qu’il perdra dans son cauchemar animal.

L’épanouissement passe de temps à autre d’une fleur à l’autre, abeilles lointaines autour du cœur odorant.

Einstein, Le fantastique voyage d’une souris dans l’espace-temps

L’illustrateur Torben Kuhlmann est l’auteur du livre jeunesse Einstein, Le fantastique voyage d’une souris dans l’espace-temps (2020).

Je suis séduite par la finesse de cette histoire. Les mécanismes du temps sont étudiés par une petite souris capable de percer les secrets de rouages de très petites à très grandes dimensions.

La petite souris, au lieu de courir dans une roue comme les rongeurs domestiques, se construit un siège et s’installe dans un réveille-matin qu’elle a transformé en machine à voyager dans le temps.

L’histoire émet l’hypothèse d’une interaction réciproque entre le passé et le futur. Le petite souris du futur se passionne pour les travaux qu’Albert Einstein a laissés. Lorsqu’elle le découvre dans le passé, elle lui écrit des devinettes et lui pose des questions pour l’aider à corriger sa machine afin qu’elle puisse retourner dans son temps naturel. Elle laisse involontairement la trace de ses pattes sur une petite note qu’Albert Einstein découvre quelques instants après qu’elle ait disparu en direction du futur.

Le personnage d’Albert Einstein est représenté avec justesse. Les couleurs de ce passé sont chaleureuses.

En cette période de l’histoire, de nombreuses personnes s’interrogent sur la participation de Mileva Maric, la première épouse d’Albert Einstein, à l’élaboration des théories de son mari. Il faudrait envoyer une petite souris à la rencontre de Mileva Maric pour en savoir plus.

L’homme-hippocampe

Je n’ai pas de souvenir de toi éternuant.

Une crispation involontaire, tes yeux qui se plissent,… Non, je n’ai jamais pu observer ce phénomène dont je sais qu’il s’est produit et se reproduira.

C’est une expulsion de toi que je souhaite.

Il faut te reposer ! te dirais-je. L’effort est très grand. Regarde tous ces petits dragons que tu as sortis de toi. Ils investissent l’espace autour de nous. La poussière des rayons de lumière des auditoires est une forme de nourriture pour eux. Ils grandiront heureux et s’enrouleront de joie aux cheveux de tes étudiants, hommes et femmes, chaque fois que tu te représenteras pour donner cours.

Toutefois, un souvenir éternel me parait plus acceptable que cette fantaisie sous-marine.