Mon amour, tu n’es pas celui auquel je pense. Tu n’existes pas, sinon au plus profond de mon cœur, quelque part, sous la forme d’un effacer-reprendre, peindre, auquel me pendre, flottant sur la toile à une hauteur suffisante pour que la chute soit longue, pour que la lutte soit courte, pour que les lumières s’éteignent contre l’avis de la marchandise étalée à notre guise sur les tables des buffets où l’on fait ce qu’il nous plait, en-dessous des chaises, dans ces prisons de bois n’ayant pas vocation à retenir nos cris de joie selon des lois qui s’appliquent à tous. Les chaises s’envolent pour te faire plaisir. Elles lévitent comme des visages entrés par effraction à l’intérieur de nos habitations. Je repeins les airs de flutes que l’on souffle à quatre pattes par gout du silence. Le sphinx fait le gros dos au sujet de son énigme. À tomber sur quatre pattes, comme les chats, de très haut, c’est comme cela que je décris ce que tu es.
Mois : mai 2023
La prophétie
Celui ou celle qui montrera du doigt le problème de notre époque sera le plus à même de le résoudre. Il ou elle aura déclaré dans des termes sincères l’histoire de sa douleur amère sans trahir un seul instant le déroulé des évènements.
Le doigt propre et pointu qui organisera le futur créera une usine de bonshommes à croquer au coeur d’une école possédant beaucoup de sous pédagogiques.
Les illusions d’optique n’ont pas plus d’importance que le rêve ludique d’un bonhomme qui danse. L’espoir licite de cet étrange présage exige de la cour un nouveau visage.
Il faut souhaiter un enfant comme soi, dont le corps, en fait, est agréable à porter. Toujours souhaiter un enfant, quelque part, à soi.
Organismes pubères, contrôlés par des orages phéromonaux qui viennent d’ailleurs, les mots les plus rigolos sortiront de nos têtes.
Nous nous amuserons tranquille en explorant physiquement de longs kilomètres le nez dans les étoiles.
La grandeur d’âme des aprioris réserve son lot de surprise au terme d’une mise en ordre.
Le jour atroce d’une exposition précoce, aucune image ne sera révélée.
Le bon endroit
Hier après-midi, j’ai participé au vernissage de l’artiste Nina Cosco à la galerie d’art Vroom. Cette galerie est localisée dans le quartier de Cureghem à Anderlecht. L’artiste nous a emmenés faire un tour dans le quartier pour y découvrir les affiches qu’elles avaient réalisées et collées à différents endroits. Certaines d’entre elles avaient été volontairement retirées par des habitants, d’autres souillées et certaines s’étaient naturellement décollées. Nous avons pu collectivement constater que l’espace de la rue est difficile à investir.
Nina Cosco expliquait qu’elle avait pris pour point de départ le mot « moment ». Certaines illustrations décrivaient « le mauvais moment », d’autres « le mauvais endroit » et les deux dernières affiches, affichées sur les portes de la galerie et visibles au terme de la balade, désignaient le mauvais moment et le bon endroit. Il s’agissait de deux grenouilles de styles différents.
Les deux premières affiches représentaient une paire de cerises dans un pommier. Sur la première, une pie s’en donnait à coeur joie. Sur la seconde, la paire de cerise était sauve. Il n’est pas possible de greffer une branche de cerisier sur un pommier. La situation est donc absolument impossible.
Deux autres affiches représentaient une chauvesouris apparaissant à la lumière d’une lampe et trouvant refuge sous sa coupole lorsqu’elle est éteinte.
L’une des affiches de Nina Cosco était volontairement affichée en-dessous d’un tag « Régularisation pour les sans papiers ». Il n’y a pas de message politique dans les illustrations de Nina Cosco, mais le fait d’exposer dans un quartier populaire permet d’en délivrer un. Se trouver au mauvais moment au bon endroit permet de constater les difficultés.
Le livre de recettes
Magical Starsign est le meilleur jeu vidéo sur Terre. Je lui mets la plus haute distinction qui soit dans mon système de récompenses : un brownie décoré de feuille d’or comestible. Qu’on me serve un cassoulet adapté à la magie nocturne de Maitre Cassoulet, celle qui vole des points de vie, qu’on me présente une choucroute au potentiel qui a mal tourné digne de Maitre Chu Krout, qu’on m’apporte des bonbons gélifiés de forme humaine en mémoire de Tarte Tatin et des autres membres de la Civilisation Espresso, qu’on me dévoile les secrets du yoghurt avec la souplesse de Baba Orum, qu’on m’explique comment il est possible de réunir des dizaines de fromages différents dans un souterrain de Taupes à pics et de s’y réunir nous-même en y respirant sans masque, d’y passer même la nuit pour une poignée de biras et d’y lire toute une Histoire dans une bibliothèque confinée occupant une grande salle, qu’on me montre l’unité entre un père, sa fille et sa servante, Maitre Flageolet, Farina et Semoulina dans une ambiance tropicale et musicale avec une barrette pour seul souvenir matériel du sacrifice, qu’on me montre qu’un Mokka peut perdre sa tête et la retrouver avec tous ses souvenirs, qu’on me prouve qu’un Sorbet n’est pas une compagne pour une tête brûlée car il est trop froid, doué académiquement et doit rejoindre la police sidérale, qu’on me donne un prénom classique qui soit alimentaire comme celui de Mlle Madeleine, qu’on me finance une Brioche avec un million de biras dans un cochontirelire, qu’on m’obtienne un rouleau de papier toilette dans un dédale administratif pour faire rôtir un lézard, qu’on me montre une filiation entre la bouillabaisse et la ratatouille en recourant avec précaution à une traduction anglaise, qu’on m’écrase des fruits par pure méchanceté, qu’on m’enferme une salamandre dans un coffre au son reconnaissable, qu’on me prépare au four un croquemonsieur ayant pour prisonnière une fausse farine dans un ersatz, qu’on m’autorise à bénéficier d’une restauration rapide à l’aide d’une rasade d’eau-de-vie, qu’on m’élève au rang de maitresse d’expérience pour avoir battu Maitre Macadameus en utilisant toutes les statuettes à ma disposition, qu’on m’offre des gressins entomologiques avec ma pizza de téléportation, qu’on me laisse rêver à une barbe de nain qui soit tâchée de quatre sauces, qu’on me révèle un amour robotique, pour une femme uniquement, dans le village de la poterie la plus téméraire, celle qui est entrée dans l’antre des différents monstres de feu afin de récolter de la terre à cuire pour le déroulement du festival des étoiles, car il est nécessaire pour créer une nouvelle génération de poteries, capables de restaurer les points de vie et les points de magie des élèves ayant volé des fusées pour partir à la recherche de leur professeur à travers le système solaire Baklava.

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