Landau yéti, maman

Il n’est pas absolument nécessaire de comprendre la question « Qui a peint Poussin? » pour qu’une plume rassemble de son encre frémissante l’espoir d’une aile. Il y a une cinématique de la lente diffusion que sa couleur précoce exerce sur les joyaux de Pâques. Le landau contient un yéti. Il y a un bébé à l’intérieur. Il est représenté porté par sa maman dans trois positions différentes. Elle le tient face à elle, sur ses épaules et dans le haut de son dos. Le bébé est de race noble et nègre*, car il n’existe pas de version où les couleurs se seraient mélangées dans un autre ordre sous le regard émerveillé de l’être qui dessinait au doigt sur son smartphone une note mémo terriblement craquante. Son auteur possède un sexe identifiable. Il s’agit d’une production peinte par une femme. On peut le prouver. Il y a un papa dans le dessin sous la forme d’un diable de fil de fer bleu qui sert de vélo au bébé. Son visage est un ovale rouge aux ponctuations malicieuses. La maman est épuisée. Ai-je le droit, étudiante, d’orienter mes recherches abstraites dans cette direction ? Est-ce possible dans la mesure où mon esprit est fragile, et nécessite un époux pour qu’il s’y repose, heureux et productif, dans une nuit de jeux d’enfants parmi les Ruines du Temps ?


*Le bébé est de race noble et il est nègre.